
Le nourrissage de son serpent est une Ă©tape parfois dĂ©licate et pourtant trĂšs importante pour la croissance et la bonne santĂ© de votre animal. L’expĂ©rience permet de gagner en assurance dans ce domaine, mais certaines connaissances pourront vous aider Ă vous lancer en toute sĂ©rĂ©nitĂ©. Nous avons souhaitĂ© rĂ©pondre ici aux questions que l’on peut se poser en tant que dĂ©butant.
- Quelle taille de proie donner Ă un serpent ?
- Doit-on varier le type de proies chez les serpents ?
- Comment présenter la proie à son serpent ?
- Quelle est la durée à respecter entre 2 nourrissages pour un serpent ?
- Est-ce que je peux nourrir mon serpent avec autre chose que du rongeur ?
- Mon serpent refuse de manger, pourquoi ?
- Mon serpent a recraché sa proie, que faire ?
Quelle taille de proie donner Ă un serpent ?
Il n’est pas toujours chose facile que de savoir donner la bonne taille de proie Ă son serpent. Et pourtant maĂźtriser cet aspect du maintien de votre reptile est important afin de lui assurer une bonne croissance.
En fonction de la taille de la proie, l’apport en nutriments et micro-nutriments varie. Les proies plus grosses ont des os plus solides et apportent donc plus de calcium par exemple, alors qu’un foetus en est quasiment dĂ©pourvu.
Pour autant, il ne faut pas prĂ©cipiter les choses. Certains serpents ont parfois l’estomac plus sensible et auront donc plus de mal Ă gĂ©rer l’augmentation rapide de la taille de proie. Ils risquent alors de rĂ©gurgiter et Ă la longue de dĂ©velopper une difficultĂ© digestive.
Alors comment savoir si on donne la bonne taille de proie Ă un serpent ?
Dans un premier temps, vous pouvez vous appuyer sur la thĂ©orie. On considĂšre que la proie doit avoir un diamĂštre environ Ă©gal au diamĂštre de la partie la plus large du corps du serpent et/ou qu’elle fasse environ 15% du poids du serpent.
En respectant ces 3 consignes, vous devriez observer ces 3 phénomÚnes qui vous permettront de vérifier que tout se passe bien :
- Vous pouvez situer visuellement la proie dans l’estomac de votre serpent car elle fait une bosse au milieu de son corps.
- Votre serpent ne régurgite pas.
- La bosse disparait quelques jours aprĂšs le repas.
Doit-on varier le type de proies chez les serpents ?
En thĂ©orie, ça ne peut pas faire de mal. Varier l’alimentation est souvent vu comme une bonne chose et scientifiquement parlant, rien ne contredit cet avis pour les serpents. Dans la pratique, il faudra cependant adapter Ă votre reptile, ĂȘtre toujours Ă son Ă©coute. S’il rĂ©agit bien, ça ne pourra ĂȘtre que bĂ©nĂ©fique.
En fait, lorsque l’on donne une proie complĂšte (qui est donc composĂ©e de peau, d’organes, de muscles, d’os, etc.), alors tous les besoins de l’animal en terme de nutriments peuvent ĂȘtre comblĂ©s par cette source unique. Tant que la proie est complĂšte, tous les nutriments sont prĂ©sents et le serpent peut alors manger tout le temps la mĂȘme proie. Les serpents ne connaissent pas la lassitude alimentaire comme les humains ou les chiens ou chats par exemple. Vous pouvez nourrir un serpent toute sa vie avec des souris ou des rats sans qu’il ne manque de rien, ni que cela affecte ses goĂ»ts et son appĂ©tit.
Si vous avez Ă cĆur de diversifier l’alimentation de votre serpent, il est important de prendre en compte certains aspects : chez les espĂšces un peu sensibles au nourrissage, comme les Python regius par exemple, changer de proie peut crĂ©er un phĂ©nomĂšne d’accoutumance. En d’autres termes, une fois qu’ils ont goutĂ© Ă une proie qui leur plait davantage, ils peuvent ensuite refuser de se nourrir autrement qu’avec ce type de proie. Si dans les faits, cela n’est pas nocif pour lui, cela peut ĂȘtre en revanche plus complexe Ă gĂ©rer. Certaines proies se trouvent plus difficilement ou Ă des prix plus Ă©levĂ©s. Si vous ne pouvez pas vous procurer facilement la seule proie dont votre serpent se nourrit, cela peut vite devenir un casse-tĂȘte.
Notre conseil est donc de nourrir avec des proies que vous pourrez toujours vous procurer facilement.
Comment présenter la proie à son serpent ?
Il y a gĂ©nĂ©ralement 2 grandes mĂ©thodes qui s’affrontent en terrariophilie :
- Le nourrissage dans le terrarium,
- Le nourrissage en boĂźte Ă l’extĂ©rieur.
Pourquoi nourrir en terrarium ?
- Cela favorise la prise de nourriture des spécimens stressés,
- Cela diminue les manipulations et donc le stress.
C’est la mĂ©thode idĂ©ale pour les spĂ©cimens stressĂ©s, les espĂšces dĂ©licates et les nouveaux arrivants.
Pourquoi nourrir en boßte extérieure ?
C’est la mĂ©thode prĂ©fĂ©rĂ©e des nouveaux terrariophiles car cela permet d’interagir rĂ©guliĂšrement avec l’animal.
On peut profiter de cette sortie du terrarium pour :
- Nettoyer le terrarium,
- Peser le serpent,
- Faire un contrĂŽle visuel de l’animal.
Attention toutefois, si votre spĂ©cimen refuse de manger en boĂźte, c’est sĂ»rement parce que cela le stresse trop. Essayez alors le nourrissage en terrarium, en posant directement la proie sur un dĂ©cor, une gamelle plate ou une petite assiette (dĂ©diĂ©e au terrarium, ne l’utilisez pas pour vous aprĂšs).
Quelle est la durée à respecter entre 2 nourrissages pour un serpent ?
Le principe est simple : il faut attendre la digestion complÚte de la proie précédente avant de re-nourrir.
Mais c’est parfois difficile Ă savoir, surtout au dĂ©but quand on ne connait pas trop son animal, car le rythme de dĂ©fĂ©cation n’est pas synonyme de digestion complĂšte chez toutes les espĂšces. Il faut bien se renseigner sur l’espĂšce de votre serpent afin d’avoir les meilleures indications sur la durĂ©e de digestion de leurs proies.
De plus, de nombreux serpents sont sur-nourris en captivitĂ© et atteints d’obĂ©sitĂ©. Cela vient notamment d’un mauvais rythme de nourrissage.
Chez les espÚces qui carnivores (nourries au rongeur), le rythme moyen est généralement :
- 1 repas par semaine pour les jeunes,
- 1 repas tous les 15 jours à 4 semaines pour les adultes, dépendant de chaque individu.
Et oui, pas facile de vous dire beaucoup mieux car le rythme de nourrissage idéal pour votre serpent dépend de :
- Son espĂšce,
- Son métabolisme (rapidité de digestion et capacité à stocker le gras à chaque repas),
- S’il est hivernĂ© ou non,
- La taille des proies,
- Si c’est une femelle en pĂ©riode de reproduction (les repas sont plus rapprochĂ©s dans ce cas).
En cas de dĂ©part en vacances, les repas peuvent ĂȘtre espacĂ©s plus que d’habitude. Le principal est de toujours lui fournir de l’eau fraĂźche (tous les 3 jours idĂ©alement).
Est-ce que je peux nourrir mon serpent avec autre chose que du rongeur ?
Tout dĂ©pend de l’espĂšce de votre serpent, et surtout de ce que vous souhaitez faire.
Si la question est : puis-je rendre mon serpent vĂ©gĂ©tarien car je n’aime pas donner des proies entiĂšres ? La rĂ©ponse est non. Les serpents sont des animaux carnivores stricts. Ils retrouvent l’intĂ©gralitĂ© de leurs besoins nutritionnels dans des proies entiĂšres. Tenter de changer leur rĂ©gime biologique ne ferait que les faire souffrir et dĂ©pĂ©rir progressivement.
Si vous n’aimez pas donner des proies entiĂšres, il existe maintenant des alternatives sous forme de saucisses. La marque Arcadia les propose pour l’Europe, mais cela reste un produit cher et pas toujours facile Ă trouver.
Il existe aussi des espĂšces de serpents qui se nourrissent d’autres animaux :
- Saurophages : serpents qui mangent des lézards, comme les Chrysopelea,
- Insectivores : l’Opheodrys eastivus par exemple, qui se maintien comme un lĂ©zard, avec des UVB indispensables et une alimentation par insectes. Cette espĂšce est toutefois encore peu reproduite en captivitĂ©, les spĂ©cimens disponibles sont issus de prĂ©lĂšvement dans la nature. C’est pourquoi nous n’en proposons pas.
- Piscivores : le genre Thamnophis est rĂ©putĂ© pour cela. Toutefois, tous les poissons ne peuvent pas ĂȘtre donnĂ©s. Il faut donc Ă©galement bien se renseigner pour gĂ©rer correctement leur alimentation.
Ainsi, si c’est l’alimentation via des mammifĂšres qui vous pose problĂšme, vous pouvez vous renseigner sur ces groupes, bien qu’ils soient gĂ©nĂ©ralement plus rares et plus complexes Ă nourrir.
Mon serpent refuse de manger, pourquoi ?
Il peut y avoir énormément de facteurs différents. Sans contexte précis, il est difficile de répondre.
Voici quelques explications frĂ©quentes Ă un refus temporaire de s’alimenter d’un serpent en captivitĂ© :
- Stress trop important : pĂ©riode d’acclimatation non respectĂ©e, terrarium trop vide, manipulations trop frĂ©quente, nourrissage en boĂźte qui ne convient pas Ă l’animal…
- Femelle sur le point de pondre,
- Jeunes mùles adultes en période de reproduction,
- Sur-nourrissage qui amĂšne l’animal Ă se rĂ©guler,
- Proie trop grosse,
- ProblĂšme de santĂ© : abcĂšs, parasites internes, maladie pulmonaire…
Un serpent en bonne santĂ© peut rester plusieurs mois sans manger sans impact nĂ©gatif sur sa santĂ©. Si l’animal commence Ă perdre du poids, une consultation vĂ©tĂ©rinaire est alors recommandĂ©e.
Attention Ă©galement Ă la tempĂ©rature de la proie. Si les couleuvres n’y sont pas particuliĂšrement sensibles, c’est important que la proie soit relativement chaude (environ 36°) pour les espĂšces Ă fossettes thermosensibles (pythons notamment).
Mon serpent a recraché sa proie, que faire ?
Une régurgitation se caractérise par une proie qui a été entiÚrement avalée, puis qui a été vomie. La proie est généralement trÚs odorante et partiellement digérée.
Les causes peuvent ĂȘtre :
- Taille de proie trop grosse pour le serpent,
- Température trop basse pendant la digestion,
- Stress fort pendant ou aprĂšs le nourrissage,
- ProblĂšme intestinal.
Lorsque la proie régurgitée a été retrouvée, attendez systématiquement 15 jours avant de proposer à nouveau à manger à votre serpent. Cela que ce soit un individu jeune ou adulte.
Le passage de la proie couverte de sucs gastriques a tendance Ă irriter les parois de lâĆsophage. Si vous nourrissez trop tĂŽt, cette irritation va provoquer une nouvelle rĂ©gurgitation.
Une fois les 15 jours passés, essayez de nourrir à nouveau avec une proie plus petite.
En cas de régurgitations répétées malgré une taille de proie et une température du terrarium adaptés, un rendez-vous vétérinaire est à prévoir.

